Comment rester autonome en avançant en âge ? C’est la question à laquelle une journée dédiée au bien vieillir, organisée au mois de mars à Saint-André-de-la-Roche, a tenté d’apporter des réponses concrètes. À travers conférence, bilans et ateliers pratiques, les seniors ont pu découvrir, comprendre et expérimenter les bienfaits d’une activité physique adaptée, accessible à tous. Une manière de sensibiliser les plus de 55 ans à l’importance de bouger régulièrement.
Organisée par la Maison Sport-Santé du SIVoM Val de Banquière, en partenariat avec la commune, l’Université Côte d’Azur et le CHU de Nice, cette journée a rassemblé de nombreux seniors du territoire, venus s’informer mais aussi partager un moment convivial.
En ouverture, le maire de la commune et président du SIVoM, Jean-Jacques Carlin, a donné le ton en rappelant toute la dimension sociale de l’activité physique : « au-delà des bienfaits pour le corps, elle permet aussi de rompre l’isolement, de se retrouver et de créer du lien. Marcher ensemble, échanger, tisser des relations… autant d’aspects essentiels qui contribuent, eux aussi, au bien vieillir ».
Bouger, tout simplement
La matinée se poursuit avec une conférence animée par le Pr Raphaël Zory qui déconstruit une idée reçue tenace : « l’activité physique ne rime pas forcément avec performance ou effort intense. Bouger, c’est déjà faire de l’activité physique ».
Faire ses courses à pied, jardiner, monter quelques marches, promener ses petits-enfants… autant de gestes simples qui, répétés au quotidien, font toute la différence.
« Moi, je pensais qu’il fallait faire du sport en salle », sourit Madeleine. « Finalement, je marche tous les jours… et je comprends que c’est déjà très bien ! »
À côté d’elle, André, 68 ans, : « Ça rassure. On se dit qu’on peut commencer doucement, sans se mettre la pression. »
Car l’enjeu est bien là : lutter contre la sédentarité, ce « mal silencieux » qui fragilise peu à peu le corps. Raphael Zory le rappelle avec pédagogie : rester actif permet de maintenir l’équilibre, la force musculaire, la mobilité… mais aussi de garder confiance en soi.
Se connaître pour mieux avancer
L’après-midi laisse place à une approche plus personnalisée. Dans une ambiance bienveillante, les animateurs proposent des bilans physiques, et des exercices ludiques. Tests d’équilibre, exercices de mobilité, évaluation de la force, autant de repères précieux.
Place ensuite à la pratique. Dans la salle, les corps se remettent doucement en mouvement. Taï-chi, stretching, exercices d’équilibre… Les ateliers s’enchaînent dans une atmosphère à la fois studieuse et détendue.
« Je ne pensais pas que ça me plairait autant », avoue Nicole, après une séance de Taï-chi. « On se sent bien, tout simplement. »
Se lever, marcher, étirer, respirer… intégrer le mouvement dans le quotidien. « Même dix minutes, c’est déjà bénéfique », rappellent les professionnels.
🔎Zoom sur : Raphaël Zory
Enseignant-chercheur à l’Université Côte d’Azur et membre de l’Institut Universitaire de France, Raphaël Zory consacre ses travaux à la compréhension des mécanismes de la motricité humaine et du vieillissement.
À la tête du Laboratoire Motricité Humaine Expertise Sport Santé, il explore les liens entre activité physique, autonomie et santé, avec un objectif clair : mieux prévenir la perte d’autonomie chez les personnes âgées.
Son approche se veut globale, à la croisée de plusieurs disciplines, mêlant recherche scientifique, innovation et application concrète sur le terrain.
Chef de file du projet « Bien Vieillir Ensemble », il pilote également le programme PRESAGE, qui vise à développer des actions de prévention accessibles, individualisées et adaptées aux besoins de chacun.
« L’enjeu aujourd’hui, c’est d’accompagner les personnes avant la perte d’autonomie, pas après », rappelle-t-il.
Une vision qui a pris tout son sens lors de cette journée, où science et terrain se sont rencontrés au service d’un même objectif : permettre à chacun de vieillir en restant acteur de sa santé.







